Perse Seldjoukide, XIème siècle. Le poète et savant persan Omar Khayyam compose des quatrains vantant les délices du vin et de la volupté. Trouvant l’inspiration lors d’épisodes d’ébriété extatique, Khayyam, jongle continuellement entre spiritualité tolérante et ivresse de la matière. Rubaiyat célèbre ce moment d'ivresse créative, où la conscience se dérègle et l'artiste, libéré, regarde le monde autrement, et se fait dépositaire d'un message qu’il se doit de partager à travers son art.
"Dit-on que je suis ivre de vin, je le suis. Blasphémateur, infidèle, idolâtre, je le suis. Chaque confrérie a sa petite idée sur moi, mais, pour moi seulement, je suis comme je suis". (quatrains à odeur de vin et de rose) "Dit-on que je suis ivre de vin, je le suis.
Sous les apparats pétulants de la cardamome et du poivre, une rose s'intronise. Sa robe rougeoyante absorbe des vapeurs de lie de vin et de framboise, avant de s’étendre dans les délices méditatifs et bienheureux de la myrrhe, des bois et des résines.